Dure
nuit. Toujours sur un petit matelas sur le tatami. C'est pas trop ça le problème. La poche de riz
qui m'a servit d'oreiller n'était pas très moelleuse, j'ai le cou jammer...mais c'est pas ça le problème non plus. Mal de tête, nausée et étourdissement me réveillant tôt. Ah non, qu'est-ce que c'est? Est-ce que c'est vraiment
parce que j'ai trop but de saké? Je vais à la toilette...sans succès. Je suis déshydraté. Je rêve d'un Gaterade pour
me recharger en électrolytes. Mais
est-ce que c'est l'alcool? Non....non... (à lire avec effroi) pas une genre de bactérie comme j'avais pogné au Maroc....j'avais vomis toutes mes nuites pendant une
semaine non stop...merde... Je n’ai vraiment pas fait
attention en plus. Je bois n'importe quoi, je prends la glace, je mange sur la
rue...mais partout on disait que le Japon était safe...ça ne doit pas être ça...c'est vrai, j'ai
but plusieurs bouteilles de saké et je ne porte
pas l'alcool. Vivement le déjeuner pour que je me
rétablisse.
L'heure
du mangé sonne. J'avais demandé d'avoir le déjeuner tôt le matin car je voulais décoller rapidement pour Koya-San, un peu plus au sud d'ici
et j'ai quand même pas mal de train à faire. Tu te rappelles, j'avais demandé un déjeuner
japonais...j'arrive dans la salle commune. Je suis le seul aussi tôt...tant mieux. Je m'assois, j'ai une place attitrée où j'ai déjà des trucs qui
m'attendent. J'ai juste soif et j'ai mal au coeur...j'ai chaud. Le serveur
m'apporte ma soupe miso....ffffff pas sûr de ça, la vapeur me colle à la face. Il allume un petit réchaud sur lequel est posé un genre de tofu qui ramolli et qui fond
tranquillement.....genre de yogourt chaud. J'ai du poisson fumé devant moi et des genres de pickles. Évidemment, du riz et du thé. D’autres trucs aussi que
je ne sais pas trop te décrire. Anyway, je ne
serai jamais capable de bouffer une baguette de ça. Je demande du jus au serveur. Ok je vais avoir un supplément mais je m'en tape. Un gros verre que je bois d'une
trette. Ahhh mais je ne guéris pas si vite. Je
n'ose pas partir sans manger. Je prends un peu de riz. Ok j'y arrive un peu.
Encore une fois, je pense au Maroc où j'avais mangé un spaghetti, commande spéciale dans un super hôtel à Tanger....en fait il n'avait pas rentré du tout. La nourriture me fume dessus une odeur de
bouillon chaud....désolé, je ne suis pas capable de prendre quoi que se soit. Y a
personne dans la pièce. Je me sauve. Je
retourne me coucher en prenant des ibuprofènes. Je croyais partir tôt...pas aujourd'hui ça l'air. Je dors deux
autres heures.
Ouf,
je ne suis pas au sommet de ma forme, mais déjà mieux. Le jus, le
repos et les médicaments ont fait
effet. Je me prépare pour partir. Je
range mes sacs et je vais faire mon check-out. La fille en bas me parle un peu.
Vous n'avez pas un gros appétit le matin....vous
trouvez, j'ai rien mangé! En fait, je lui fait
comprendre que j'ai abusé du saké....je ne sais pas si elle comprends. Elle me donne un
souvenir de l'hôtel, des petits
souliers en papier fait par sa mère. Elle me dit que
c'est un porte bonheur pour voyageur et que ces souliers me porteront aussi
loin que je le voudrai...cool! Je vais à la gare. J'enfile mes
souliers de lutin et me voilà déjà arrivé à destination.
Efficace, j'aurais dû avoir ça avant! Je ne vais pas voir pour mon train tout de suite.
J'ai trop faim et j'ai encore très soif. J'ai chaud,
mes sacs me collent à la peau et pour la première fois je les trouve pesant. Mes pieds touchent plus
rapidement le sol quand je marche. Le Japon aime beaucoup les viennoiseries.
Yen a pas mal partout et c'est facile, pas besoin de commander on prend se
qu'on veut et on paye après. Ça rentre bien. J'ai pris un jus et un café. Ce n'est pas un pays de cafés mais ça va. Je vais voir
pour mon train. Pas avant une heure. D'accord, je vais aller à la poste pour mes cartes postales. Je demande au guichet
d'info où je peux trouver ça, juste en face. Elle me demande si j'ai besoin d'un low
car? Un quoi, je ne veux pas louer un char, ah un locker pour mon sac...no it will be ok, okini! Hihihi avec
un grand sourire qu'elle me fait. Cartes dans la boite postale, une étape de franchit. Le train me prend, pas grand monde, yé quand même tard.
Le
parcours pour Koya-San est pas mal beau. En pleine nature, dans la foret.
Montant les montagnes et arpentant les ravins. Je n'écris pas dans ce train, je profite du décor. Koya-San est une montagne sacrée où le bouddhisme aurait
commencé au Japon. On y retrouve plus
d'une centaine de temples où on peut y héberger. Arrivé à la gare terminus, je ne suis pas encore arrivé. Il y a un funiculaire à prendre.
Coup donc, c'est à croire qu'il y en a partout dans ce pays...ou j'écris tjrs les mêmes choses...le
funiculaire monte plusieurs minutes et j'arrive en haut...ensuite ben c'est
l'autobus pour le centre de la petite petite ville. L'après-midi est déjà avancé...cette idées de
prendre de l'alcool aussi. Je n'aurai pas le temps de faire grand chose. Je me
pardonne, c'est quand même mes vacances, je ne
me chicanerai pas. Je descends face à l'info touristique.
C'est là que je dois aller pour réserver une chambre dans un temple et pour le payer aussi.
Le lonely recommandait l'Ekō-in qui était géré par des jeunes moines...youhou il reste de la place. Un
peu troublant, ils sont plus jeunes que moi pour la plupart. Merde, vous êtes trop jeune pour être là et faire une vie de moine....mais dans le fond ils ont p-e
autre chose que je ne comprends pas....ça doit être ça...une vie sans
tracas en tous cas. Le temple est beau...en fait je sais pas si je devrais dire
monastère. C'est quand même organisé en genre de ryokan.
Ma chambre est dans un coin de passage...ça veut dire que j'ai
des portes coulissantes tout le tour....bref des murs en papier!!! J'espère que ça ne sera pas trop
bruyant pendant la nuit. Les portes ne se verrouillent pas, anyway c'est du
papier...je vais passer à travers la feuille de papier....ça te rappel quelque chose?http://www.youtube.com/watch?v=P1Qv1cbU0f8
Je droppe mon sac...je m'active
car le souper est genre à 6h30 (souper de
moines), je veux aller voir l'attrait #1, le grand cimetière Oku-no-in. Il parait que ceux qui sont enterrés ici vont renaitre lorsque Bouddha reviendra...une mèche de cheveux suffit...je l'ai pas fait, je n'ai quand même pas le gout d'être pogné pour travailler pour BouBou après ma mort...sans rancune Boubou, je t'aime bien pareil.
C'est vraiment grand ici, ya du mort en tous cas et ce, en pleine foret de cèdres géants. J'avoue que ça donne le gout d'y être enfouit.
J'aimerais mieux ici qu'à père Lachaise...mais ça risque d'être plus à Trois-Rivières... Tout au bout du cimetière, il ya le pavillon des lanternes où deux y bruleraient depuis 900 ans....mais yen a d'autres
qui ont des ampoules...c'est pas ceux là en tous cas, ou ca
marche sur "Bouddha Power".
Derrière ça, il y a le mausolée de Kūkai, le fondateur du
bouddhisme japonais. Le mausolée est toujours fermé...j'ai appris le lendemain par un japonais qui m'a parlé dans le train qu'on croit fortement que Kūkai n'est pas mort mais qu'il médite dans son mausolée en attendant le
retour de Bouddha. On lui sert son diner à tout les jours....il
n'a pas très faim ça l'air. Dans le cimetière, il y a des choses étranges. Il y a une toute petite cabane en bois...une genre
de cage avec des barreaux, il faut la trouver parmi les milliers de tombes (plus
facile que Jim Morrison...pour ceux qui l'on déjà cherché à père Lachaise).
Dedans, il y a une grosse roche et des genres
de tablettes ou marches. L'histoire dit que l'on doit passer la main, soulever
la roche et la déposer sur un autre
palier. Le poids de la roche va varier selon nos péchés....la roche est
lourde en maudit. Moi qui pensais que je n'avais pas de péchés, je vais devoir
passer à la confesse à mon retour. La roche est lourde mais mon orgueil est là et je trouve l'énergie pour la déplacer...bon ok je n'irai pas voir monsieur le curé, c'est pas encore trop pire. J'arrose une statue d'un
bodhisattva au passage...un rituel bouddhisme qui fait je ne sais plus trop
quoi, porte chance p-ê...je fais ça souvent...j'aime ça.
Je
continu ma découverte du cimetière. Ça sens l'encens, la
nature est belle. Il y a des petits ponts ici et là, une bonne place pour passer l'éternité et devenir un cèdre géant.
C'est peut-être ça qui me donne le
feeling de ne pas être seul, ya plein
d'arbres qui me regardent...ça manque d'écureuils, il parait qu'ils en ont pas au Japon...pourtant
je suis certain d'en avoir déjà vu...ya plein d'oiseau, ça chante bien et juste et ils savent tenir la note à la japonaise. J'ai vu un serpent l'autre jour. Je l'ai
regardé un boute. On m'a dit plus
tard que les serpents son vénéneux! Houuu, je vais faire plus attention! Sinon, je m'étais apporté du stuff à moustiques parce qu'ils sont sensé en avoir en fou...aucun de tout le voyage....faut croire
que j'ai eu ma dose en Italie l'an passé!Je
retourne à mon temple, je ne veux passer
à côté du souper, surtout
que c'est une toute petite ville pis je ne sais même pas s'ils ont des resto ici...quand tu entre dans le
temple, ben c'est comme partout ailleurs, tu enleves tes souliers, tu les
laisses en avant, pis tu mets leurs pantoufles (tantôt c'est des genres de gougoune ou sandales). Le plancher
est comme les autres temples...ça fait
couikcouik...j'ai fait un vidéo quand yavait pas
trop de monde mais le son est pas super.
J'arrive à ma chambre, le téléphone sonne pour m'aviser, en anglais, que le souper va être servit. Ah ok, mais pas le temps de demander où. Bon, petite déception, ils servent
les gens sur les petites tables basses de leur chambre. Donc, moi qui croyais
manger en tête à tête avec un moine et
voir l'intensité du bruit qu'ils font
en mangeant! On peut leur demander de l'alcool...dur réveil ce matin...pas aujourd'hui.
Je suis content de manger
seul, il y a un grand groupe de Français qui parle fort...ça me gosse. Yen a un qui connais tout les détails de l'univers et qui en est très fier, câlisse ça m'énerve. Je ne sais pas
c'est quoi leur complexe...sur ça il sont à l'opposé des Québécois. Un parle trop,
l'autre pas assez. Mais je suis zen. Le souper est bon. Les moines sont végétariens, tu ne viens
pas ici pour manger de la saucisse et des cretons. Les incontournables: soupe
miso, thé vert et riz en quantité familiale que j'ai quand même toute bouffé! Sinon, nouille de
soba( farine de sarrasin) au champignon, pickles divers, tofu, légumes tempura, petit baluchon étrange farcie de quelque chose qui ressemble à rien et qui coule partout une fois l'avoir croqué, salade de genre d'algue et autre trucs que je sais pas
trop c'est quoi. Désert: deux morceaux
d'orange...messemble que j'ajouterais un beigne avec un verre de lait! Haha, je
manque de sucre et de gras. Je sors après le repas, la
noirceur est déjà là. Dehors un français me dit en anglais que ce n’est pas trop la place des bars! C'est drôle et je lui réponds en anglais. Officiellement,
je suis un anglophone...yes ça passé incognito. Je ris dans ma barbe de trois semaines... Et
non pas trois jours, trois semaines, j'ai du sang amérindien faut croire.
Tout
est fermé ici, il reste deux commerces
de souvenirs ouverts. Je cherche un dessert. Bon pas grands choses et souvent
des boites pleines de biscuits ou de gros gâteaux. Je finis par trouver des galettes vendues à l'unité. J'en achete une et
je retourne au temple...fait trop noir pour cette petite ville où il n'y a pas de night life après 7 heures. Je vais à ma chambre où je mange ma galette. Pas pire...mais elle m'a p-e couté 5$ alors je suis un peu amer, je crois que je n'ai pas
compris ce que je mangeais.... Je vais me laver, il y a un onsen ici aussi, les
moines aiment les bains chauds!!! Je vais dans ma chambre...il y a la wifi dans
le temple. Il sont cool les moines japonais quand même. J'ai reçu une belle nouvelle
par courriel, je suis content, je dors paisible
sur mon tatami. La vie est belle.






